Hunting in France explained (in French)
La vènerie, ou chasse à courre, est un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens, jusqu'à sa prise éventuelle. Seuls les chiens chassent grâce à leur odorat et leur instinct naturel de prédateur, l'homme n'étant la que pour les assister.En France cette pratique est toujours autorisée du 15 septembre au 31 mars.Il existe essentiellement 4 sortes de chasse : la grande vènerie pour le cerf, le chevreuil et le sanglier ; la petite vènerie pour le renard, le lièvre et le lapin ; la vènerie sous terre pour le renard, le blaireau et le ragondin ; puis la chasse au vol, le haut vol se pratiquant avec un faucon.

En ce début de siècle, il existe près de 450 équipages, et au cours de la dernière décennie, il s'en est crée plus de vingt par an. La vènerie à pied, qui représente plus de la moitié des équipages (environ 280) a pris un essor considérable en particulier auprès de jeunes, et la vènerie à cheval représente 170 équipages. Structurés en associations, ces équipages accueillent de nombreux suiveurs, à pied, en vélo ou en voiture.·      384 équipages dont :o      112 de lièvreo      77 de renard o      87 de  chevreuilo      38 de  cerfo      39 de lapino      31 de sanglier ·      17 000 chiens·      6 000  chevaux·      100 000  veneurs et suiveurs·      plus de 2 000 emplois directs et indirects·      quelques 300 fêtes de vènerie attirant tous les ans plus d'un million de visiteurs·      près de 13 000 journées de chasse par an pour environ 3800 animaux prélevésDepuis une vingtaine d'année la Vènerie française s'est fortement développée; elle est présente dans 69 départements. La France offre en effet des conditions très favorables à l'exercice de la Vènerie : la densité des espaces boisés est plus élevée que partout ailleurs en Europe et notre climat tempéré fournit des conditions propres à notre mode de chasse où tout repose sur le travail des chiens.Les population d'animaux de vènerie sont toutes en plaine vitalité, et la Fédération dit ne prendre qu'une faible part des plans de chasse annuels, ce constituerait moins de 1%, soit environ 3500 animaux par an. En moyenne, l'ensemble des équipages très réglementés, prend part une fois sur quatre aux sortie.Le nombre des bêtes tuées par chasse à courre est infime par rapport au nombre d’animaux abattus dans un saison de chasse ( 1300 cerfs sur 36000 tués pendant la saison 2002-2003, 800 chevreuils sur 460,000, 400 sangliers sur 440,000 et environ 400 renards et 650 lièvres).Les membres des équipages et leurs sympathisants sont regroupés au sein de la Société de Vènerie, association selon la loi de 1901, fondée en 1907. Par ailleurs, les quelque 400 équipages de vènerie ont leur association particulière: l'Association Française des Equipages de Vènerie. Ces deux associations ont pour objet essentiel de représenter, promouvoir et défendre les différentes disciplines de la vènerie, ainsi que de veiller au maintien du respect de ses traditions, de la législation et des réglementations spécifiques.La Vènerie, en France, utilise environ 6 000 chevaux . Il s'agit d'une population importante avec de réelles incidences économiques locales et nationales. Un cheval, il faut l'acheter , le loger, le nourrir, l'entraîner, l'entretenir, le soigner, l'équiper et le transporter ; ainsi les veneurs participent économiquement au maintien de multiples activités traditionnelles et artisanales de nos régions.Si l'on cumule tous les postes liés à l'activité autour du cheval de chasse , on peut estimer que la contribution économique du cheval de chasse en France dépasse les 38,11 millions d'euros, un poids non négligeable dans l'activité économique régionale.La trompe de chasse est indissociable de la Vènerie. Elle lui doit son origine, sa signification et son développement. Les premières fanfares de chasse remontent à 1723 où le Marquis de Dampierre écrivit les premières des 2 000 fanfares qui constituent aujourd'hui un patrimoine musical exceptionnel

En allant sur le site de la fédération internationale des trompes de France (FITF), vous pourrez entendre on line quelques fanfares.Voici quelques chiffres publiés, en 1908, par le Marquis de Mauléon, sous forme de plaquette, par la Bibliothéque de l’Eleveur. Cet extrait est tiré d’un article du magasine Vénerie daté de juin 2003, intitulé : La vénerie d’avant 1914 : l’âge d’or. « Le recensement de notre statistitien révélait l’existence de 497 hommes de vénerie, soit un peu plus de 1,5 par équipage en moyenne. Tous en avaient au moins un. Beaucoup en avaient 2, certains 3. Et quelques grands équipages en employaient davantage (6 au Vautrait Bertin, 4 à l’Equipage Chambray, 4 à l’Equipage de Chantilly ou chez le Marquis de l’Aigle). Evidement le monde a changé. La vénerie actuelle emploie 8 à 9 fois moins d’hommes. Et les équipages de lièvre qui emploient un homme sont devenus très rares.{…} Les veneurs, au total, étaient un peu moins de 5000. Les maîtres d’équipage étaient 432, car la fonction était souvent partagée. Mais les boutons n’étaient que 1183. Moins de 4 par équipage en moyenne ! La plupart n’en comportaient aucun. Un tout petit nombre en avait plus de 20 (Equipage de l’Aigle 49, Equipage de Chambray 33, Rallye Montpoupon 31, Equipage de Souvilly 62, Equipage de Bonnelle 80…). Les « invités habituels » dont on comprend qu’ils chassaient en noir mais n’étaient pas nécessairement moins assidus que les boutons portant les couleurs de l’équipage, étaient 3156. L’octroi du bouton par le maître d’équipage n’était donc pas galvaudé ! On est bien loin des stuctures engendrées par la vénerie associativeLe plus récent annuaire de la vénerie française compte environ 7000 noms, soit environ 30% de plus qu’en 1908. Cela fait en moyenne 18 personnes par équipage qui sont évidemment toutes « bouton ». »La vènerie du chevreuil : Seule, l'amélioration des qualités des chiens courants vers les années 1800, basée sur le croisement entre les races françaises et anglaises, a permis la création de meutes aptes à prendre le chevreuil à courre. Le chevreuil est un animal rapide, rusé, et dont l'odeur est légère . C'est pourquoi sa chasse plus que tout autre, nécessite des chiens rapides, ayant une finesse de nez exceptionnelle, de la voix, un grand amour de la chasse et des aptitudes héréditaires de sagesse, les amenant à ne pas changer d'animal.Pour ces raisons, les veneurs de chevreuil,  92 équipages, doivent avoir une passion et une connaissance extrême de leurs chiens. Cette chasse est difficile, subtile et très tributaire des conditions atmosphériques. Il n'est pour cela pris que 800 animaux par saison, pour plus de 3500 laisser-courre (chasses), alors que 396 000 chevreuils sont prélevés à tir et que plusieurs dizaines de milliers sont écrasés sur les routes.La vènerie du sanglier : Les équipages de sanglier sont dénommés " vautraits ".L'origine de cette appellation vient des chiens, dits " vautres ", utilisés déjà par les Gaulois. Animal réputé rébarbatif et ennemi des récoltes auxquelles il cause des dégâts, sa chasse à courre est généralement pratiquée par des équipages composés en majorité de ruraux. Il est nécessaire à ceux-ci de bien connaître les lieux où se tiennent les sangliers qui se déplacent en vrais nomades dans de vastes territoires. C'est pourquoi la préparation de la chasse, dîte " rembûcher " effectuée par les valets de limiers, le matin-même, est essentielle. Il importe de disposer de chiens résistants et courageux , conduits par des veneurs montés sur de bons chevaux capables de couvrir au besoin des distances de 50 kilomètres et plus. Il existe 30 vautraits et leurs prélèvements sont de 400 animaux par saison, sur les 350 000 environ qui sont éliminés au total par la chasse.La vènerie entretient un ensemble de traditions qui constituent un aspect original de notre culture nationale.

Sur le plan de la technique cynégétique, les savoir-faire qu'elle met en œuvre constituent un art. La connaissance des animaux, la science du chien, s'apprennent sur le terrain au prix d'une longue expérience et se transmettent de génération en génération. Elles représentent une forme de savoir remarquable.La Vènerie utilise un langage qui lui est propre, à la fois utile et imagé, qui n'a pas varié depuis des siècles. De nombreuses expressions sont fréquemment utilisées dans le langage courant : donner le change, sonner l'hallali, marcher sur les brisées, être aux abois etc….

Elle n'a jamais cessé, depuis qu'elle existe, d'inspirer les artistes. Ceux d'antan lui ont consacré des œuvres majeures qu'on peut voir dans de très nombreux musées. Aujourd'hui, de nombreux peintres animaliers s'intéressent à la Vènerie grâce à trois grands musées (Senlis, Gien, Montpoupon) de nombreuses expositions sont organisées. La vènerie française a aussi engendré un instrument de musique : la trompe de chasse, qui est spécifiquement française. La pratique de la trompe est maintenue par tous les veneurs, dont elle est l'instrument de communication à la chasse, mais aussi par des artistes qui savent la porter à la perfection.

Le succès des fêtes de la chasse animées par les équipages de vènerie démontre l'attachement du public à ce patrimoine culturel : elles accueillent au total plus de 1 million de visiteurs par an.Outre la législation générale, l'exercice de la vènerie est réglementé par différents décrets, arrêtés et directives, qui lui sont propres en raison de son particularisme. Aucun équipage ne peut chasser sans être détenteur d'une " Attestation de Meute " délivrée par la Direction Départementale de l'Agriculture dont dépend administrativement son chenil. La période d'ouverture de la chasse à courre, fixée sur le plan national, s'étale sur 6 mois, durée indispensable au maintien des meutes et en raison du prélèvement limité et parfaitement contrôlable des équipages.

Par ailleurs, tous les équipages s'engagent à respecter le code d'éthique établi par l'AFEV (Association Française des Equipages de Vènerie) qui veille à son application. Ses dispositions principales ont été reprises par un arrêté du ministère de l'environnement. Toutes ses directives correspondent à une véritable éthique de chasse et du respect de l'animal chassé.Tout le mois de novembre, les 450 équipages qui pratiquent la chasse à courre dans soixante-neuf départements vont célébrer la fête de Saint Hubert, l'occasion de démarrer officiellement leur saison de chasse et de revêtir leur tenues. Façonnée par mille ans d'histoire, la vènerie française a à coeur de perpétuer ses traditions en célébrant chaque année la Saint Hubert. On peut la célébrer avec quelques jours d'avance or de retard alors que la fête officielle est le 3 novembreSous la férule du maître d'équipage, une trentaine de boutons (1) en moyenne par sortie, aidés de grands chiens courants, "Français Blancs et Noirs", chassent exclusivement le chevreuil, mâle et femelle (on dit "brocard" et "chèvre"), dans la plus stricte tradition de la vènerie : interdiction formelle d'utiliser les moyens modernes de communication, de positionnement, ou même de détection.
La meute représente une centaine de chiens dont le tiers en état de chasser, les autres étant constitués des femelles en train d'élever leurs petits, des jeunes en stage de formation et des seniors qui goûtent en "paisible retraite".

Si le temps clément et le grand soleil d'automne étaient parfaits pour le public, il n'a pas fait l'affaire des chiens en manque d'odeur qui n'ont pas pu débusquer le gibier. Comme l'explique Jean-Jacques Boutrot, "les conditions atmosphériques déterminent la durée pendant laquelle les chiens sentiront le passage de l'animal. L'idéal est une terre un peu humide, de l'air pas trop sec et un peu de vent, tout le contraire de cette première journée de chasse où le vent du Sud lié à une évaporation importante emportait les odeurs en quelques minutes. En vènerie on dit toujours "Vent du midi, chiens au chenil, vent du Nord, chiens dehors..." les chiens ont bricolé toute la journée (2)."

(1) - "Bouton" désigne l'insigne distinctif propre à chaque équipage et porté par ses membres. Par extensions, désigne le membre lui-même. Le Rallye Saintongeais en comporte une quarantaine, 10 pour le plus jeune, 83 pour le toujours jeune.
(2) - "Bricoler" se dit quand les chiens se promènent de droite et de gauche sans suivre la voie.
L'apport de la vènerie au langage courant est considérable : "donner le change", "la curée", " marcher sur les brisées", "être aux abois", "l'hallali", etc.

La définition du veneur : est veneur celui qui ne cherche pas essentiellement le succès, c'est-à-dire la possession de l'animal chassé, qui ne chasse pas au point de vue gastronomique aussi agréable soit-il, qui ne chasse pas pour briller d'une façon personnelle. Est veneur avec un grand V, celui qui cherche avant tout, grâce à ses chiens courants le plaisir intrinsèque de la difficulté vaincue, pour qui le tableau ne compte pas, et pour qui le succès ou l'insuccès de ses chiens est chose primordiale. Cette conception de la vènerie est le fruit d'une très longue maturation qui évolue d'une façon insensiblement progressive. 




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