Glossary
La vénerie utilise un vocabulaire très spécifique, voici quelques définitions de mots utilisés dans ce site. Elles proviennent de le Couteulx de Canteleu et de Dominique Venner.

 

Abois: L'animal chassé, cerf ou sanglier tient les abois lorsqu'il s'arrête et fait face aux chiens.

 

Accompagner (s'): - Un animal s'accompagne lorsqu'il cherche à donner le change en rejoignant un ou plusieurs de ses semblables.

 

Andouiller: Il s'agit des pointes latérales des bois d"un cerf ou d'un chevreuil.

 

Attaquer: Les chiens attaquent Lorsqu'ils sont lâchés dans l'enceinte où l'on suppose que des animaux ont pris leur gîte. C'est le moment de l'attaque.

 

Bat-l'eau: Il y a bat-l'eau lorsque l'animal de chasse prend l'eau, cherche à semer ses poursuivants en entrant dans un étang, une rivière. «Le bat-l'eau» est aussi une fanfare de circonstance.

 

Billebaude: On attaque à la billebaude lorsqu'on attaque sans avoir fait le bois, sans avoir d'indice sur la présence d'animaux à cet endroit de la forêt.

 

Bois (faire le): Au petit matin, on part faire le bois avec des chiens de limier. Il s'agit d'essayer de localiser des animaux afin de ne pas attaquer à la billebaude.

 

Bois: On désigne ainsi les « cornes » du cerf ou du chevreuil, le terme cornes étant à éviter.

 

Bouton: Chaque équipage a son propre bouton représentant l'insigne de l'équipage. Seuls les maîtres d'équipage, les piqueurs et les membres de l'équipage sont autorisés à porter le bouton. Par extension, les membres de l'équipage sont appelés « boutons ». Tout nouveau membre est autorisé à en porter la tenue, dont l'élément le plus spécifique, les couleurs pouvant se retrouver d'un équipage à un autre, est le bouton des vestes et des gilets qui sont en métal argenté ou doré. Chaque équipage a donc son bouton, portant un motif qui lui est propre, et parfois sa devise.

 

Brame: Il s'agit du cri nocturne du cerf en période de rut. Au début de l'automne, les veneurs aiment beaucoup aller en forêt la nuit écouter les cerfs bramer.

 

Brisée: Branche brisée posée à terre, sur la voie d'un animal, afin d'en signaler le passage et de permettre de le retrouver. Les brisées (le terme est employé surtout au pluriel) sont utilisées en particulier par les veneurs qui font le bois pour faciliter l'attaque.

 

Buisson creux: Faire buisson creux, c'est ne pas trouver d'animal dans l'enceinte où est lancée l'attaque.

 

Cape: Bombe d'équitation des veneurs.

 

Change: Lorsque les chiens prennent la voie d'un autre animal que l'animal chassé, il y a change. L'animal chassé cherche le change ou pousse au change en essayant de se mêler à d'autres animaux pour les faire prendre en chasse à sa place. Le chien de change refuse de suivre une voie qui n'est pas celle de l'animal chassé (ou «de chasse»).

 

Chasse à courre: Mode de chasse, selon lequel l'animal chassé est poursuivi par une meute de chiens courants jusqu'à ce que, épuisé, il soit rejoint.

 

Chien courant: Les chiens de vènerie appartiennent à trois des dix groupes de la nomenclature officielle de la Société Centrale Canine, qui gère les races de chiens avec l'agrément du ministère de l'Agriculture. Pour la petite et la grande vènerie, il s'agit du groupe VI, celui des chiens courants qui chassent à voix, c'est-à-dire en aboyant, et qui comprennent plus de cinquante races, dont les anglo-français, très utilisés en grande vènerie. Les chiens de déterrage appartiennent aux groupes III (celui des terriers, dont le fox-terrier) et IV, celui des teckels.

 

Créancer: Un chien est créancé dans la voie d'un animal déterminé, le cerf par exemple, lorsqu'il ne suit que la voie de cet animal et dédaigne celles des autres animaux de la forêt.

 

Curée: cérémonie finale d'une chasse à courre et récompense des chiens à qui l'on donne à dévorer les entrailles et les bas morceaux de l'animal chassé. Pendant ce temps, les veneurs sonnent les fanfares qui retracent les épisodes saillants de la journée.La curée chaude se fait sur le lieu même de la prise, immédiatement après celle-ci, pour récompenser les chiens d'une chasse difficile. Elle est facultative. La curée froide, mais on se contente en général de parler de la curée sans autre précision, entourée d'un cérémonial, se fait après le dépeçage de l'animal.

 

Dague: Arme blanche, à large lame, courte et pointue, que portent les boutons. Elle peut être utilisée pour servir l'animal, maiS on lui préfère l'épée de vènerie, plus longue, réservée au maître d'équipage ou au piqueux. Les dagues sont aussi les premiers bois d'un cerf ou d'un chevreuil qui poussent dès sa deuxième année. Ces bois sont droits, sans andouillers. Le jeune cerf de cet âge est appelé daguet.

 

Débucher: L'animal de chasse débuche lorsqu'il sort de la forêt et se trouve à découvert, dans un champ par exemple. C'est le débucher, que l'on écrit aussi débuché.

 

Découpler: On découplait les chiens lorsqu'on les détachait quand ils avaient été amenés au rendez-vous attachés deux à deux (avant que l'on utilise une camionnette pour leur transport. Par extension, découpler, c'est lâcher les chiens sur la voie d'un animal. Deux équipages qui découplent ensemble mêlent leurs meutes et chassent de concert.

 

Défaut: Les chiens sont en défaut lorsqu'ils ont perdu la voie de l'animal. Les veneurs ont alors pour tâche de les aider à relever le défaut.

 

Déterrage: Forme de chasse qui consiste à traquer renards ou blaireaux au fond de leurs terriers en y introduisant tour à tour, et non en meute, des chiens de petite taille. Les déterreurs interviennent en encourageant leurs chiens de la voix et, dans la phase finale, en creusant des tranchées pour aller chercher l'animal acculé. La vènerie sous terre ou chasse sous terre, comme on appelle encore le déterrage, fait partie de de l'univers de la vènerie à plusieurs titres: présence dans les institutions, participation aux fêtes de vènerie, attestations de meutes accordées par l'administration de l'Agriculture, place occupée dans la revue Vènerie.

 

Enceinte: Partie de la forêt délimitée par des allées, chemins ou layons. L'enceinte d'attaque est celle où sont lâchés les chiens.

 

Équipage: L'ensemble des chasseurs ayant le bouton, c'est à-dire pouvant porter la tenue de l'équipage durant les laisser-courre. Il existe encore quelques équipages familiaux ayant le caractère d'associations de fait, mais la plupart sont aujourd'hui des associations régies par la loi de 1901. Les nouveaux boutons sont cooptés. Les membres versent une cotisation. C'est souvent le maître d'équipage qui mène la chasse.

 

Fanfare: Air, morceau joué à la trompe de chasse. Les fanfares d'animaux correspondent à un animal déterminé et signalent la vue d'un daguet ou d'une deuxième tête... Les fanfares de circonstance signalent les différentes péripéties du laisser-courre: débucher, change... Ces fanfares servent aux veneurs à communiquer entre eux et à échanger des informations malgré la distance. Il existe aussi de très nombreuses fanfares d'équipages ou dédiées à des veneurs, jouées en particulier pendant la curée.

 

Forcer: Le but de la chasse à courre est de forcer l'animal, c'est-à-dire de le prendre uniquement en l'épuisant par la poursuite, sans utiliser d'arme avant le moment de le servir.

 

Fouler: Lorsque l'animal de chasse est rasé dans une enceinte, on la fait fouler, fouiller en quelque sorte, par les chiens qui essaient de le débusquer dans les fourrés ou les fougères.

 

Gueule: Dans le déterrage, les gueules sont les entrées des terriers, qui peuvent être assez nombreuses et éloignées les unes des autres.

 

Hallali: Il y a hallali courant lorsque l'animal de chasse, fatigué, ralentit et est sur le point d'être rejoint. À l'hallali sur pied, l'animal s'est arrêté et fait face aux chiens. Il y a hallali à terre lorsque l'animal est tombé.

 

Harde: Groupe de cervidés ou de sangliers. L'animal chassé cherche à se harder pour pousser au change.

 

Honneurs: Pendant la curée, le maître d'équipage fait les honneurs à la personne de son choix en lui offrant le pied avant droit de l'animal, sommairement préparé et tressé quelques instants avant. C'est une distinction très prisée par les veneurs.

 

Laisser-courre: Ce terme est aujourd'hui couramment utilisé pour désigner la journée de chasse à courre, du rendez-vous à la curée.

 

Limier: Chien silencieux, utilisé pour faire le bois. N'aboyant pas lorsqu'il sent la voie d'un animal, il ne l'effraie pas et le veneur qui l'accompagne peut s'assurer que cet animal est entré dans telle enceinte et n'en est pas ressorti.

 

Maître d'équipage: Personne responsable de la structure nécessaire pour chasser à courre. Autrefois, les maîtres d'équipages étaient souvent propriétaires de cette structure (chenil, écurie, territoires...)

 

Massacre: Désigne le crâne et les bois du cerf ou du chevreuil, nettoyés et montés en trophée.

 

Meute: En petite et grande vènerie, l'ensemble des chiens d'un équipage. Ils peuvent être plus d'une centaine, mais les plus jeunes et les plus âgés restent au chenil et ils sont au plus une quarantaine à chasser. Dans le déterrage, la meute, beaucoup moins importante, puisqu'elle peut compter moins d'une dizaine de chiens, est le plus souvent dispersée, chaque animal étant la propriété de son maître et non, collectivement, de l'équipage.

 

Mue: Chaque printemps. les cervidés muent: ils perdent leurs bois, qui repousseront durant l'été. La recherche des bois de mue est fort prisée par de nombreux veneurs et suiveurs.

 

Nappe: La peau du cerf qui servira à recouvrir les abats au moment de la curée.

 

Piqueux: L'usage hésite entre piqueux et piqueur, mais la première occurrence semble l'emporter, au moins en Île-de-France.  Salarié au service de l'équipage de grande vénerie. Il a la responsabilité de la meute dont il assure les soins. Connaissant parfaitement les chiens, il joue un grand rôle dans les laisser-courre et mène souvent la chasse. Autrefois on était piqueux de père en fils. Les piqueux se choisissent un nom de chasse sous lequel tout le monde les connaît : Daguet, La Brisée, Jolibois...

 

Pour bien comprendre le travail d'un piqueux en 1900, mais qui ressemble beaucoup à ce qu'il peut faire de nos jours, je reproduis un extrait du Manuel de vénerie de le Coutleulx :

 

« Un bon piqueur doit avoir commencé son métier de bonne heure, soit qu'ayant débuté avec son père s'il est de famille de piqueur, soit qu'il ait vécu dans les bois dans son enfance, ait été valet de chiens dans un bon équipage, y ait appris à soigner les chiens et à bien les tenir et ait cet instinct de la chasse qui ne se donne pas.

 

Il faut songer que le plus grand nombre des équipages de France n'ont qu'un piqueur. Il faut qu'avant le jour cet homme parte, aille faire le bois, souvent au loin, marche parfois des heures entières avant de pouvoir rembucher son animal, dans l'eau, dans la boue, mouillé du haut en bas. A peine arrivé au rendez-vous, il lui faut avaler vivement un morceau de pain, puis le voilà à cheval pour toute la journée, appuyant ses chiens, sonnant, criant, soutenant souvent de la main et des jambes un cheval épuisé ; le soir il lui faut rassembler ses chiens, puis fatigué et sur un cheval éreinté, faire une retraite, souvent à dix heures, quelquefois à minuit. Il lui faut soigner encore ses chiens, souvent son cheval ; alors il lui reste à les faire manger, et quand il peut enfin se coucher, il aura travaillé souvent pendant seize ou dix-huit heures de suite, et quel travail ! »

 

Prendre: L'animal est pris lorsqu'il a été rejoint et mis à mort. Un équipage de cerf prend environ une fois sur deux.

 

Quête: Désigne l'action de faire le bois. Au rapport, le piqueux rend compte de sa quête.

 

Rallye: mot anglais qui s'est substitué au mot français équipage. Aujourd'hui, équipage de chasse à courre constitué en association. On a ainsi l'équipage de Bonnelles et le rallye de la Forêt des Loges, les deux termes étant équivalents. Toutefois on dit toujours maître d'équipage.

 

Rapport: Avant l'attaque, ceux qui ont fait le bois font le compte rendu de leur quête au maître d'équipage ou à l'équipage rassemblé, ou, comme le plus souvent aujourd'hui, à tous les participants, suiveurs compris. C'est le premier acte du laisser-courre: en informant des endroits où des animaux ont été localisés, on donne les moyens de décider du lieu où l'on attaquera.

 

Raser: Ayant pris de l'avance, l'animal de chasse peut se raser dans les herbes ou les fougères et se tenir coi de façon à laisser passer les chiens et à provoquer un défaut.

 

Récri: Les aboiements des chiens sont plus volontiers appelés récris par les veneurs. Les chiens se récrient avec d'autant plus de vigueur qu'ils se rapprochent de leur proie.

 

Rendez-vous: Le rendez-vous est fixé à un carrefour en forêt: à l'heure dite, les boutons, les suiveurs, la meute et les chevaux s'y trouvent rassemblés et le laisser-courre peut commencer.

 

Reposée: Les animaux gagnent leur reposée pour passer le jour. C'est cette reposée, un confortable tapis de feuilles mortes dans de profonds fourrés, que les hommes qui font le bois tentent de découvrir.

 

Sentiment: L'odeur laissée sur sa trace par l'animal chassé est ainsi appelée par les veneurs. Les caprices du sentiment, en fonction de la température, de l'ensoleillement de l'humidité, font l'objet de savants débats.

 

Servir: L'animal n'est pas tué, mais servi, traditionnellement à l'arme blanche, une arme à feu n'étant utilisée que dans des cas extrêmes. En petite vènerie et dans la vènerie du chevreuil, les chiens ont en général mis l'animal à mort avant que les veneurs puissent intervenir.

 

Sonneur: Les joueurs de trompe sont des sonneurs. Es appartiennent souvent à des sociétés de trompe qui comprennent de nombreux non-veneurs. On sonne de la trompe plutôt qu'on en joue.

 

Suiveur: Tous les équipages, y compris en petite vènerie et en vènerie sous terre, sont accompagnés par des suiveurs qui, sans être membres des équipages, sont des fidèles. Ils suivent les chasses à pied, à vélo ou en voiture, en empruntant chemins et layons et en abandonnant leurs véhicules si nécessaire. Cette « hospitalité » de la vènerie en est l'un des traits les plus remarquables.

 

Taïaut: Ce cri, poussé par les veneurs, avertit que l'animal de chasse a été vu.

 

Taxe municipale des chiens ; au début du XXéme siècle une taxe exclusivement municipale frappe les chiens. Ils sont classés en deux catégories ; la première comprenant les chiens de chasse et les chiens de pur agrément, la seconde les chiens dit d'utilités, c'est à dire servant à la garde des habitations et des troupeaux, ou auxiliaires d'un commerce, ou d'une industrie. C'est l'usage et non la race, ni l'aptitude qui détermine le classement. En 1906 les tarifs vont de 1 franc à 10 francs par chien, la première catégorie devant être la plus imposée. La taxe moyenne est, en 1906, de 6,91 francs pour la première catégorie et de 1,59 francs pour la seconde (Rapport du congrée international de la chasse, paris 1907). Cette taxe a des conséquences sur les meutes de vénerie, il y a moins de chien à cette époque que dans nos meutes actuelles et les chiens « inutiles », âgés, muets, non chasseurs sont rapidement éliminés. En 1859, dans « La chasse à courre », Joseph la Vallée, écrit : « le vote de la loi était à peine connu que plusieurs personnes soit par mauvaise humeur, soit par économie, ont mis leurs pauvres chiens à mort. N'imitez pas ce cruel exemple, ne sacrifiez pas votre vieux camarade. Vous ne connaissez pas, peut-être tous les services qu'il vous a rendus. »

Tête: Désigne les bois du cerf ou du chevreuil. Une deuxième tête est un animal qui, âgé de deux à trois ans, a déjà perdu une fois ses bois. Une troisième tête a un an de plus, etc. On utilise aussi l'expression au masculin (« c'est un troisième tête »). Les appréciations de l'age des cervidés en fonction de leurs bois donnent lieu à de vives discussions durant les laisser-courre. Les spécialistes s'accordent pour dire que l'importance des bois ne donne qu'une indication vague sur l'âge de l'animal.

 

Trompe: Le cor de chasse est court, en arc de cercle et ne donne qu'une note. Il est très peu utilisé. Les veneurs sonnent de la trompe, instrument de 4,545 mètres de long, enroulé à trois tours et demi dans sa formule actuelle. Ce n'est pas le cor que l'on entend au fond des bois, mais la trompe. En revanche, on trouve parfois les instruments de l'orchestre des cors d'harmonie, disposant d'ailleurs de pistons, mais pas de trompes de chasse, sauf pour quelques opéras du XVII siècle.

 

Valet: Autrefois des valets de chiens et des valets de limier aidaient les piqueux des grands équipages dans leurs tâches. Leur rôle est aujourd'hui souvent tenu par des bénévoles. Le valet de limier faisait le bois avec un chien limier.

 

Vautrait: Equipage qui chasse le sanglier, ou plutôt le cochon, comme disent les veneurs.

 

Vènerie: Art de chasser à courre, pratiqué par les veneurs.

 

Voie: Chemin suivi par un animal, lorsqu'il y a laissé la trace de ses pieds ou son odeur, son sentiment. La voie est chaude lorsqu'il vient de passer. Les chiëns sont à bout de voie quand la voie paraît ne pas continuer, souvent parce que l'animal a rusé, faisant par exemple un bond de côté, après être revenu sur ses pas.

 

Volcelest: Désigne l'empreinte dans la boue par un pied de l'animal. Lorsqu'on fait le bois, le volcelest permet d'estimer le sexe et la taille des animaux ayant pénétré dans une enceinte.

 

Vue: « La vue » est l'une des fanfares de circonstances qui signale que l'on vient de voir passer l'animal chassé.





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